Test de Demon’s Souls sur PS5

Conclusion

Rares sont les consoles à pouvoir se targuer d’avoir une pépite dans son catalogue dès son premier jour de commercialisation et c’est pourtant ce que peut dire avec fierté la PS5 avec Demon’s Soul, remake du jeu éponyme sorti sur PS3 il y a de cela plus d’une décennie. Un titre qui fait plonger les joueurs à pieds joints dans la “next gen” tant il en met plein la vue, les texans de Bluepoint Games ayant magnifié le travail réalisé à l’époque par From Software. Mais Demon’s Soul n’est pas un jeu à mettre entre toutes les mains et il convient de savoir où l’on met les pieds ainsi que d’accepter de souffrir encore et encore avant de se plonger dedans. Sous peine de vivre un véritable calvaire.

Un lancement de console est toujours quelque chose de particulier. Entre les jeux “démo technique” présent uniquement pour montrer ce que la machine a dans le bide, les portages fainéants, et les jeux centrés sur les gimmicks des nouvelles manettes, ces périodes sont l’occasion de voir fleurir tout un panel de titres mais rarement de vrais gros jeux solides sur tous les plans. Remake du jeu éponyme sorti sur PS3 en 2009, Demon’s Souls est, avec Spider-Man: Miles Morales, le gros jeu de lancement de la PlayStation 5. Superbe vitrine technologique pour la console de Sony, le titre développé par Bluepoint Games bénéficie en outre d’un gameplay riche et reconnu depuis plus d’une décennie. De quoi en faire le meilleur jeu du line-up de lancement de la PlayStation 5 ? Très probablement. Mais pas pour tout le monde.

Test réalisé sur PS5 à partir d’une version fournie par l’éditeur

Demon's Souls
79,99€

Spécialisé dans les remakes et autres remasters, le studio texan Bluepoint Games avait beaucoup fait parler de lui en 2018 à l’occasion de la sortie de Shadow of the Colossus, version remise au goût du jour du jeu sorti en 2005 sur PlayStation 2. Merveilleusement retravaillé graphiquement, le titre signé Fumito Ueda avait eu droit à une seconde vie en étant plus beau que jamais, l’essence même du jeu ayant quant à elle été intégralement préservée avec un gameplay gardé en l’état. Pour le meilleur mais également pour le pire, les tares de l’époque étant toujours de la partie. Un traitement que Bluepoint Games a cette fois réservé à Demon’s Souls.

Sorti il y a de cela onze ans sur PlayStation 3, Demon’s Soul est un jeu qui s’est forgé une légende au fil des années grâce à la formule imaginée à l’époque par les sadiques de chez From Software. Celle d’un mélange entre RPG et action prenant un malin plaisir à faire souffrir le joueur mais qui sait également être subtil et inviter à l’exploration bien que celle-ci soit truffée de pièges. Un cocktail repris deux ans plus tard dans ce qui deviendra la trilogie Dark Souls ainsi que dans Bloodborne (2015) et enfin Sekiro: Shadows Die Twice (2019).

Demon’s Souls a en soi quelque chose de fascinant. D’une difficulté extrême, le jeu marquait déjà à l’époque sa différence en prenant un soin particulier à torturer le joueur alors que l’industrie était en plein boom du casual gaming. Tomber dans les pièges tendus par les développeurs, une fois, dix fois, cent fois, enfin progresser et revivre le même enfer une poignée de couloirs plus loin. Et ce encore et encore en recommençant au début du niveau en cas de mort. Les parties de Demon’s Souls ont de quoi devenir rapidement un véritable enfer pour les néophytes et/ou ceux qui ne savaient pas ce dans quoi ils allaient se lancer. Ce fût particulièrement le cas de votre serviteur qui découvrait les “Souls” pour la première fois avec cet opus et qui s’est pris en pleine face la difficulté du jeu et son gameplay sans aucune concession. Parcourir Demon’s Souls fût ainsi une véritable épreuve, une torture sans fin source de crises de nerfs et de jurons lancés à tout-va face à ce jeu qui ne cherche clairement pas à caresser le joueur dans le sens du poil pour s’attirer ses faveurs. Pour être totalement transparent, et m’autoriser une touche un peu personnelle, jamais je n’ai autant haï un jeu et maudis encore les développeurs pour la torture mentale qu’ils m’ont fait subir. Certes, Demon’s Soul est un jeu que j’ai profondément détesté. Mais que l’on soit clair. Ce n’est pas en raison d’un niveau qualitatif bien trop bas mais tout simplement qu’il n’est pas fait pour moi.

Pour autant, et aussi paradoxale que cela puisse paraître, Demon’s Souls est également enivrant pour qui, évidemment, ne sera pas retourné dans la foulée le revendre à son revendeur. Malgré la souffrance, le jeu a ce quelque chose qui fait qu’on y revient, encore et encore. Pour battre un ennemi de plus, avancer d’une pièce, ou encore regoûter à la joie incomparable d’ouvrir une porte jusqu’alors fermée et synonyme de raccourci en cas de nouvelle mort. Extrêmement punitif, Demon’s Soul n’est cependant pas un jeu qui “triche”. Foncer tête baissée amène inéluctablement vers une mort rapide et la clé du succès réside dans l’observation et l’apprentissage, même si le tout a un goût de die & retry très prononcé. Avis aux amateurs de tutoriaux et d’introductions tout en douceur, passez votre chemin. Vous êtes face à un jeu qui ne prend pas le joueur par la main et ce même dans son récit fortement basé sur la narration indirecte, les premières minutes vous plongeant dans un monde inconnu, sans réellement expliciter quoi faire ni où aller.

Disponible pour le lancement de la PlayStation 5, Demon’s Soul est sans conteste le jeu vitrine de la nouvelle console de Sony. Les développeurs de Bluepoint Games ont une nouvelle fois réalisé un travail incroyable en magnifiant l’ambiance lugubre qui régnait déjà à l’époque de la PS3. Même si le jeu ne s’y prête pas vraiment, on a envie de contempler pendant des heures ses environnement tant ceux-ci sont léchés et font pleinement prendre conscience que oui, enfin, la next-gen est bien là. Deux modes d’affichage sont par ailleurs offerts aux joueurs, ceux-ci ayant la possibilité de mettre l’accent soit sur la fluidité en jouant en 1440p/60 images par secondes, soit sur la résolution en la montant jusqu’au 4K avec en contrepartie uniquement 30 images par secondes. A voir ce que vous préférez, même si les 60 images par secondes offrent un confort non négligeable pour un titre au gameplay si exigeant.

Bénéficiant d’une visibilité auprès du très grand public qu’il n’aurait probablement pas eu une fois noyé de la masse des sorties, Demon’s Soul finira probablement dans le panier de nombreux acheteurs de la PS5 charmés par sa plastique superbe et n’ayant pas beaucoup d’autres alternatives pour se prendre une énorme baffe graphique dans la figure. Et il est facile d’imaginer le choc que risque de vivre ces innocents acheteurs s’imaginant découper du démon à tour de bras dans le plus grand des calmes quand ils arriveront à peine à dépasser le premier boss après plusieurs heures de jeu alors qu’il est techniquement possible de le faire en une poignée de minutes. S’ils n’ont cependant pas dégagé le jeu de leur console avant. Avoir si tôt dans sa vie un jeu comme Demon’s Souls est un privilège rare pour une console et les amateurs du genre prendront un pied fou avec ce remake. Enfin, votre serviteur ne peut que l’imaginer. Car pour lui, ce jeu a déjà disparu de sa vie pour toujours.

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