Test de Shin Megami Tensei III Nocturne HD Remaster sur PS4

Conclusion

SMT III Nocturne HD Remaster est clairement qu’un simple portage avec quelques ajouts mineurs seulement. A part un peu de lifting, d’un doublage anglais et japonais et du mode facile via un DLC qui était absent de base sur le jeu d’origine, il n’a pas grand-chose en plus du jeu original. Alors oui, il s’agit d’un remaster et non d’un remake mais cela reste assez timide et c’est bien dommage car c’est une licence assez mythique qui mérite très clairement d’être mis sur le devant de la scène notamment pour son univers post apocalyptique sombre et démoniaque. Cependant, si vous voulez découvrir la licence en attendant SMT V, SMT III Nocturne HD Remaster reste un très bon choix pour bien commencer la licence si vous n’avez pas peur de la difficulté difficile et sec dans son approche.

Alors que Shin Megami Tensei V, attendu depuis très longtemps, a été annoncé pour le 11 novembre 2021 sur Nintendo Switch, Altus décide de sortir un remaster d’un des opus précédents de la série, Shin Megami Tensei : Lucifer’s Call plus connu sous le nom de Shin Megami Tensei III Nocturne. Sorti en 2005 sur PS2 en Europe, le jeu avait reçu des critiques positifs pour son univers post apocalyptique à mi-chemin entre satanisme et lyrisme mais qui était considéré comme trop difficile et donc peu accessible aux joueurs. Est-ce que le remaster a su modeler ceci pour nous faire (re)découvrir une des licences les plus mythique du RPG japonais ?

Jeu testé sur PS5 à partir d’une version physique PS4 fournie par l’éditeur

Une licence très solide mais pas comme on s’y attendait

Cela fait depuis 1992 que la série Shin Megami Tensei (que l’on va renommer SMT dès maintenant) existe (si on ne compte pas la série Megami Tensei). Et pourtant, ce n’est que lors du quatrième opus de la branche “principale” des SMT (si on compte SMT if…), en l’occurrence, SMT : Lucifer’s Call, qu’il se fera connaître au monde entier.

Malheureusement très peu importé en Europe, la licence est surtout devenue connue avec… une des séries dérivées de la licence qui lui a pris de la lumière, SMT : Persona. Et oui ! Persona est en réalité un spin-off de la série SMT. Pour contrer ceci et en attendant la sortie de Shin Megami Tensei V, Altus a décidé de nous sortir un remaster d’un des opus précédents de la série SMT baptisé SMT III Nocturne HD Remaster. Et contrairement à Persona, SMT III Nocturne HD Remaster (et globalement la série SMT) a un univers et une histoire beaucoup plus sombre que celui-ci.

L’image recto de la boite du premier jeu Shin Megami Tensei sur Super Famicom sorti en 1992

Un univers postapocalyptique à mi-chemin entre satanisme et lyrisme

Comme dans beaucoup de jeux de la série SMT, on incarne donc un lycéen à Tokyo qui va assister à la Conception, en l’occurrence, à la destruction de l’humanité. La ville se coupe du monde et se retourne sur elle-même jusqu’à ressembler à une géode avec en son centre une lune nommée Kagutsuchi…

Je suis qu’un lycéen à la base Madame, je tiens juste à vous le préciser…

À la suite de cette destruction, le lycéen s’évanouit et se voit confier par un enfant étrange un insecte appelé Magatama qui le transforme en créature mi-humaine, mi-démoniaque. A son réveil, il comprend petit à petit que le monde est désormais détruit et remplis de démons, que les humains ne sont désormais que des âmes errantes et qu’il est nul autre que l’élu qui pourra choisir de reconstruire le monde… ou d’achever sa destruction.

MAIS JE SUIS QU’UN PAUVRE LYCEEN ET VOUS ME DONNEZ CETTE RESPONSABILITE ???!!!

~ Les démons de minuit ~

Si l’histoire peut paraître un peu cliché, c’est surtout l’univers et la direction artistique qui est plus percutant voir même unique. En effet, au-delà de voir la ville de Tokyo détruite, au cours de l’aventure, vous croiserez la route de plusieurs personnages qui incarnent différentes conceptions de l’univers. Grâce à des choix lors des dialogues, il est possible de souscrire à l’une de ses visions pour accéder à l’une des six fins du jeu (rien que ça). En outre, les démons que l’on croise sont tous singuliers les uns des autres et inspirés des mythologies assez connues dans le monde.

“~ Les démons de minuit m’entraînent jusqu’à l’insomnie ~” n’est-ce pas Monsieur le démon ?!

Un J-RPG « classique » …

SMT III Nocturne HD Remaster est un J-RPG sur un système de combat au tour par tour de rencontre aléatoires de démons. Si le début du jeu manque cruellement de compréhension dû aux manques de tutoriels, on s’adapte assez difficilement aux particularités du jeu. En effet, les démons peuvent être soit combattues comme des ennemis soit… être recruté pour en faire des potentiels alliés.

Lors des combats, il est possible de discuter avec l’un de vos adversaires pour le convaincre de vous rejoindre. La plupart du temps, ces derniers vous demanderont de l’argent, des objets ou une partie de votre énergie avant d’accepter. Cependant, même si vous cédez à tous leurs caprices, il est possible que les démons refusent tout de même de vous rejoindre.

Il faut également prendre en compte la position de Kagutsuchi, l’orbe lumineux au centre de Tokyo (situé en haut, à gauche sur l’HUD du jeu). Ainsi, si un combat se déclenche alors que la lune est pleine, vous pouvez recruter un démon de la catégorie « revenant » et les ennemis font légèrement plus de dégâts alors qu’ils sont plus dociles lors de la nouvelle lune ; les changements sont progressifs au fil des huit phases.

La lune Kagutsuchi (en haut, à gauche) est pleine… Attends… PLEINE ?! C’est pas toi par hasard qui a chauffer le démon sur l’image précédent ?!

… au tour par tour…

Pendant les combats, vous avez des points d’action (Icon Turn) situé en haut à droite. Il y en a autant que d’unités dans chaque groupe donc quatre au maximum pour votre groupe, mais elles ne sont pas pour autant liées à ces dernières. Chaque action en consomme une certaine quantité et une unité ne peut accomplir qu’une action à la fois avant de passer à la prochaine dans un ordre établi par la statistique d’agilité.

Si chaque action basique réussie consomme une icône, une action annulée ou esquivée en consomme deux et si jamais l’ennemi absorbe ou renvoie l’attaque, c’est la totalité des icônes restantes qui est consommée. À contrario, si l’ennemi est faible face à votre attaque ou si le coup porté est critique, vous avez droit à une demi icône supplémentaire. Or, passer au personnage suivant utilise une demi icône. Si après avoir utilisé chacun de vos personnages il vous reste des icônes d’action, l’ordre se répète pour ensuite passer au côté ennemi soumis aux mêmes règles. 

Pas sûr que ce système soit le plus efficace en soit et très sincèrement, plus le jeu passe, plus on fait de moins en moins attention à celui-ci tellement que les combats s’enchaînent.

Alors je vais attaquer normalement avec mon personnage ensuite avec Pixie je vais utiliser ma magie et si ça loupe, au pire avec Zhen je pourrais attaquer normalement et puis avec… Oh et puis YOLO !

…grandement inspiré de… Pokémon…

Comme pour un RPG classique, votre personnage ainsi que vos alliés démons peuvent augmenter en niveau avec leurs stats et chacun à des types et des compétences différents. Pour les démons, ils peuvent évoluer lorsqu’ils atteignent un certain niveau. Quant à votre personnage, il peut « avaler » des insectes démoniaques appelés Magatama pour apprendre de nouvelles compétences et modifier ses caractéristiques.

Tiens ! Ca me rappelle un autre jeu… T’a mal vieilli par contre, Clochette.

Mais encore plus que de recruter et/ou d’évoluer vos démons, vous pouvez également les faire fusionner entre eux pour en obtenir de plus puissants. Pour se faire, il faut trouver des lieux appelés « Cathédrales des Ombres » qui permettent d’effectuer ce genre de rituels. La créature ainsi obtenue peut récupérer une ou plusieurs compétences issues de ses “parents”. Tout ce système nous rappelle très fortement … Pokémon et il n’est pas impossible que Altus se soit inspiré de ce dernier.

C’est ici le « Cathédrales des Ombres » ? Les Pasteurs ont bien “évolué” dis donc…

… mais en beaucoup plus dur

Bien plus que de faire des combats à la chaîne pour renforcer ses troupes, la fusion reste le meilleur moyen d’obtenir de puissants démons compte tenu de la difficulté du titre. Car oui, comme pour la plupart des RPG japonais, SMT III Nocturne HD Remaster est un titre assez difficile surtout lors du début du jeu et les phases de boss à tel point que Altus a mis en place gratuitement un DLC à télécharger qui contient le mode facile du jeu appelé Permissif, sur lequel il est possible de basculer à tout moment si vous bloquez trop.

Un remaster paresseux sur le plan technique

SMT III Nocturne HD Remaster n’est clairement pas à la hauteur au niveau technique. Certes, il s’agit d’un remaster et non remake mais on retrouve les mêmes environnements vides que ceux du jeu original sur PS2. Alors que les modèles des personnages ont été retravaillés avec plus de lifting, de nombreuses textures du décor restent grossières et ne semblent pas avoir été lissées. Pire, il peut arriver parfois que vous ayez des ralentissements notamment lors de certains combats de boss mais surtout dans le « Réseau d’Amala », un labyrinthe que l’on doit parcourir plusieurs fois au cours de l’aventure. Même pour un remaster, cela fait tache. Néanmoins, on peut tout de même noter l’ajout d’un doublage anglais et japonais qui était de base absente du jeu original. Cela donne de l’intensité aux cinématiques grâce à un jeu d’acteur de qualité.

Le « Réseau d’Amala » … Mouais … La Matrice du jeu quoi… SAUF QUE C’EST UN LABYRINTHE !!! JE SUIS UN LYCEEN JE RAPPELLE !!!

En ce qui concerne le sound design et la musique, ils sont plutôt bons avec des musiques d’ambiance pesantes qu’on se croirait parfois à un jeu de Resident Evil à l’ancienne et des thèmes assez entrainantes en combat. Mais tout cela est un peu gâché par la compression sonore des pistes musicales et ça s’entend. Dommage !

Une durée de vie quasi-infini mais un contenu en plus à payer

Comme dit précédemment, avec pas moins de six fins différents, comptez au moins une cinquante d’heures pour en avoir qu’un seul. Autant dire que la durée de vie est quasi-infini.

En revanche, niveau contenu, c’est tout le contraire : à part un DLC gratuit pour le mode facile comme dit précédemment, vous devez passer à la caisse pour d’autres. En effet, on regrette que le Pack Maniax soit lui payant. Dans les faits, ce dernier ajoute un mode où Raidou Kuzunoha (un héros d’une série spin-off de SMT) est remplacé par Dante de Devil May Cry. Or, lors de la sortie du jeu original chez nous en 2005, Dante était inclus office dans le jeu mais il n’était pas possible de croiser la route de Raidou.

« Barbant » ???!!! Je viens de croiser un démon qui avait une érection, une autre qui fait du BDSM, une autre qui ressemblait à la fée Clochette qui a mal vieillie, un dealer de fusion de démon, je viens de passer 20 heures dans un p*tain de labyrinthe, je dois sauver ce p*tain de monde le tout alors que je suis qu’un pauvre lycéen alors ta g*eule Dante ! Juste, ferme ta g*eule !

On peut aussi reprocher que les deux donjons additionnel (“Lieu de naissance du Mi-Démon” et “Cœur de la Conception”) inclut dans un DLC intitulé “Pack de cartes : Clémence et espoir” soient également payant.

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