[TEST] Soulstice (PS5)

Conclusion

Soulstice est un beat them’all classique, agréable à prendre en main, mais qui se perd totalement dans son gameplay et son game design. A force de vouloir faire plus, les développeurs en ont fait trop. Le jeu souffre cruellement de ses mécaniques qu’il recycle jusqu’à l’écœurement tout au long de l’aventure. Dommage, car il aurait pu être un sérieux prétendant au titre, mais il n’est au final qu’un clone de plus qu’on oublie assez vite une fois terminé.

Soulstice est le projet fou de Reply Game Studio (studio indépendant basé en Italie) de faire son propre Devil May Cry. Une ambition qui semble démesurée mais qui a su rassurer à la suite de la démo sortie sur PC. Mais quid du jeu complet ? Explications

Jeu testé sur PS5 à partir d’une version fournie par l’éditeur

Devil May Cry c’est toi ?

Les premières minutes de jeux ne trompent pas, Soulstice est un beat hem’all aux angles de caméra fixes qui rappellent furieusement la franchise de chez Capcom. On y incarne Briar et Lute qui sont deux sœurs réincarnées sous la forme d’une chimère. Missionnées pour sauver l’humanité, les deux sœurs vont devoir affronter des adversaires plus coriaces les uns que les autres dans le royaume sacré de Keidas.

L’histoire de Soulstice ne brille pas par son originalité et va au contraire aller piocher dans l’animation Japonaise avec quelques passages qui rappelleront des œuvres telle que Berserk ou encore Claymore. La comparaison s’arrête cependant là, car il faut l’avouer, le récit est loin de convaincre, même si on souligne une mise en scène soignée avec quelques séquences réussies. Globalement suivre l’histoire de Soulstice n’est pas très passionnant. Évidemment, l’élément principal dans un jeu du genre reste la castagne et sur ce point précis, fort heureusement, Soulstice reste agréable à jouer bien qu’imparfait.

Le système de combat repose sur l’alchimie des deux sœurs. Briar, tout d’abord, est là principalement pour trancher ses adversaires avec la brutalité dont elle fait preuve. Lute, quant à elle, dispose de facultés magiques qui vont servir le gameplay. Capable par exemple de défendre ou encore de figer les adversaires, son utilisation est primordiale en jeu, et pas que durant les phases d’actions. Avec sa possibilité de créer des champs, il faut compter sur Lute pour faire par exemple apparaitre des plates-formes ou encore de briser des sceaux pour progresser. Évidemment ces champs sont aussi utilisés en combat, un ennemi de couleur rouge ne peut être vaincu qu’avec le champ rouge. Même chose pour les mobs de forme spectrale qui demandent de swapper vers la couleur bleue.

Une originalité bien venue mais surexploitée, elle complique plus que de raison le gameplay et les diverses phases de plateforme, transformant le plaisir en frustration. Sachant qu’il faut de plus gérer les multiples armes en pleins combats. Ça donne une idée du nombre assez important de chose à gérer dans Soulstice une fois en jeu.

Soulstice, un jeu trop complexe ?

Dans les faits oui, bien qu’un peu de complexité dans un jeu ne soit pas une mauvaise idée, il faut que ce soit utilisé avec parcimonie. Avec Soulstice, on a la cruelle sensation que le studio a cherché à remplir plus que de droit son verre d’eau. Tout est en trop, et ça ne s’arrête pas qu’aux combats.

Si ces derniers sont la partie principale du jeu, il faut aussi compter sur de nombreuses phases de plate-forme et divers puzzles, et là encore, tout repose sur l’utilisation des fameux champs. Répétés jusqu’à l’écœurement, les divers puzzles du jeu donnent clairement envie de lâcher le pad. Ce n’est pas qu’ils sont difficiles, ils sont justes…pénibles. Les phases de plate-forme, par exemple, déjà rendues difficiles avec la caméra fixe, le sont encore plus avec la gestion des champs de couleur.

Faire un saut, activer le champ bleu, se poser, sauter de nouveau en activant le champ rouge pour frapper un cristal avant de changer de couleur pour ne pas avoir à tomber en contrebas et recommencer toute la séquence depuis le début. Cette relative répétitivité accouplée a de mauvaises idées ne procure hélas pas de plaisir une fois en jeu, bien au contraire.

Et ceci a un nom : Le game design. Et il faut avouer que dans le cas de Soulstice, il est loin d’être exemplaire. On sent le manque d’expérience dans la construction des divers chapitres du jeu, qui se payent en plus le luxe de tous se ressembler. Soulstice ne parvient pas non plus à se renouveler dans ses décors, c’est assez logique vis-à-vis du scénario du jeu, mais j’aurais apprécié plus de folie et de créativité que les sempiternels décors sombre et pluvieux.

Mais la réalisation dans tout ça ?

Visuellement, Soulstice est très correct. Le design des ennemis et des personnages est réussi et on assiste aussi à de chouettes panoramas. Caméra fixe oblige.

Le framerate accuse par contre quelques baisses importantes ici et là, et en dépit de la mise à jour déployée, rien n’a changé. Cependant, elles surviennent souvent lors des séquences cinématiques (toutes capées à 30 images par secondes) ou des séquences scriptées.

Soulstice propose cependant d’une bonne bande-son, les musiques sont punchy et on sent une très grosse inspiration Devil May Cry. Là encore, on voit tout l’amour que Reply Game Studio porte à la licence de Capcom.

Dans la cour des grands ?

En lisant les lignes ci-dessus, on peut avoir la sensation que je n’ai pas apprécié Soulstice. Ce qui n’est pas le cas ! Le jeu est bon, mais souffre de défauts assez importants. Je pourrais par exemple saluer le titre sur ses ambitions, le fait qu’il est disponible pour un tarif accessible (environs 30€) et que c’est une alternative sympathique à Devil May Cry.

Il faut cependant remettre les choses dans leurs contexte, Soulstice est typiquement le genre de clone qui sortait par dizaines lors de l’arrivée du genre sur console et PC. Ce n’est ni bon, ni mauvais, juste dans la moyenne des jeux du genre sans jamais pour autant atteindre le panthéon des plus grands.

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