Test de Returnal sur PS5

Conclusion

Returnal est la « vraie » première exclusivité de la PS5 et une très bonne surprise. L’univers du jeu, la direction artistique et l’ambiance du jeu est tout simplement séduisant, inspiré et inspirant. Même si l’histoire et le contenu du jeu est clairement en retrait, parcourir les six mondes du jeu est un pur plaisir pour nos yeux. Si techniquement parlant, il ne révolutionne pas le genre vidéoludique, il a au moins le mérite de tourner en 60 images par seconde et en 4K sans aucun ralentissement notable et c’est le principal. L’utilisation du genre rogue-lite fusionné à du TPS est une réussite en soi avec un gameplay nerveux mais pose beaucoup de débat concernant le fait de recommencer tout à zéro (ou presque) à chaque nouveau cycle. Ce qui peut être assez frustrant voire injuste et peut en rebuter beaucoup à la longue et c’est bien dommage car cela ferme la porte à un public plus large sur ce chef-œuvre. En revanche, si vous n’avez pas peur de l’exigence, de la difficulté et de mourir en boucle, Returnal est comme un gros challenge à se surpasser et la réussite d’accomplissement ne peut être que jouissif. Je vous avais dis que le temps ce ne sera pas le plus gros de notre problème.

Après un Astro’s Playroom au lancement de la PS5 plutôt réussi et un Destruction AllStars pas très inspiré, Sony Interactive Entertainment revient avec une nouvelle exclusivité PS5 : Returnal. Dans le trailer de lancement du jeu, l’astronaute éclaireuse Selene Vassos nous expliquait avec intrigue :

« Le temps est comme une marée… même en luttant de toutes nos forces, il est impossible de l’arrêter. »

Vous allez vite comprendre que dans ce jeu, le temps, ce n’est pas le plus gros de notre problème.

Jeu testé sur PS5 à partir d’une version fournie par l’éditeur

Quand on lance un jeu au début, il y a toujours ce petit temps de chargement ensuite les noms des éditeurs et développeurs et parfois un message d’avertissement si le jeu contient des scènes de violences par exemple. Dans Returnal, vous avez le petit message d’avertissement ci-dessous lors du lancement du jeu.

Quelque chose me dit que ce message d’avertissement ne sent pas bon

Sans l’avoir complétement compris, je décide donc de le passer sans trop y prendre d’attention. Alors que je m’attendais à voir le titre du jeu avec un « Appuyez sur start », je suis direct plongé dans l’intro du jeu. On retrouve donc Selene qui parcourt l’espace avec son avion. Tout d’un coup, un signal s’émet sur son bord de contrôle qui lui indique qu’elle s’approche dans une zone interdite. Elle décide donc de baisser d’altitude mais malheureusement son avion se prend un coup de foudre (sans jeu de mot) et se crash sur une mystérieuse planète. A son réveil, elle remarque qu’elle a perdu ses armes et est obligée de localiser le signal interpellé plus tôt dans son avion.

En faisant quelques pas, elle découvre la planète et surtout un corps qui est apparemment… le sien ?! En continuant son chemin, elle se retrouve face à un monstre (qui est en réalité une sorte de sous-boss). Alors qu’on s’attend à pouvoir le battre assez facilement, Selene… meurt. Non, ce n’est pas une blague : vous êtes obligé de mourir et le jeu a été prévu pour ça. Mais au lieu de se retrouver soit avec un « game over » ou soit avec un « continue », c’est le titre du jeu qui s’affiche et on se retrouve avec… la cinématique d’intro. Vous recommencez à zéro au moment du crash de l’avion et vous perdez presque tout ce que vous avez fait et récupéré de votre précédent cycle pour en recommencer une nouvelle.

Returnal, un TPS rogue-lite ?!

Eh oui ! Si je me suis autant attardé sur le début de Returnal, c’est pour poser le genre de jeu qu’il est : un rogue-lite, plus précisément un TPS (« Third Personnal Shooter » soit en français « jeu de tir à la troisième personne ») rogue-lite. Du coup, le message d’avertissement qui était au tout début du jeu prend complétement tout son sens désormais. Même si ça peut paraître logique pour un rogue-lite, vous n’avez pas de sauvegarde pas même automatique, pas de checkpoint, pas de mot de passe (comme à l’ancienne) mais seulement des sortes de téléporteurs qui permet, en autre, de voyager entre plusieurs zones de la map après les avoir activés.

Les téléporteurs qui permet de voyager entre plusieurs zones de la map

Problème dans Returnal, lorsque vous mourrez, vous perdez TOUT sauf les armes importantes lié à l’histoire (l’épée pour l’attaque de mêlée ou encore le grappin par exemple). Certains aimeront cette exigence de la difficulté dans le sens où les jeux d’aujourd’hui sont souvent facile ou en tout cas un peu trop dirigiste mais beaucoup trouveront ça très frustrant voir même injuste et c’est à juste titre. D’ailleurs, plus tôt dans le mois, beaucoup joueurs se sont plaints du manque de sauvegarde pas forcément dû à la difficulté du jeu mais plutôt concernant le temps de jeu et aux contraintes qu’ils ont. Pour l’instant, les développeurs de Housemarque ont en pris conscience mais rien n’a bougé à l’heure où je vous écris ce test.

En outre, mettre en mode repos la console pour reprendre son cycle, pas sûr que ce soit écologique déjà mais à la limite pourquoi pas mais surtout si une mise à jour du jeu ou de la console se fait, il se peut que votre sauvegarde soit corrompue ! C’est ce qui s’est passé lors du premier patch sorti par les développeurs de Housemarque en début de mois de mai mais qui a été corrigé depuis. Comme pressentie, le genre rogue-lite fait débat qui plus est avec Returnal.

Un univers séduisant, inspiré et inspirant

Laissons de côté le débat du genre du jeu et concentrons-nous plutôt sur l’univers de Returnal. Le moins que l’on puisse dire c’est que le jeu est très beau, avec des textures très détaillés et des effets d’éclairages plutôt réussis même si, de mon expérience, le jeu manque un peu de luminosité mais ça reste assez léger. En outre, vu qu’il s’agit d’un jeu rogue-lite et que à chaque cycle, le monde se génère aléatoirement, à cause de ce manque de luminosité léger, plusieurs fois, je suis tombé dans les trous vides générés par le jeu. Encore une fois, peut-être que ce n’est que mon expérience dû à ma télévision.

D’ailleurs en parlant de luminosité et de télévision, sachez que le jeu est en affichage 4K en 60 images par seconde et ne souffre d’aucun ralentissement même avec le Ray Tracing activé même lors de certaines séquences très chargées, le moteur du jeu n’a jamais montré le moindre signe de faiblesse. Techniquement, même s’il ne se démarque en rien, Returnal assure l’essentiel et c’est le principal.

L’univers de Returnal est vraiment beau en atteste ce petit passage

Returnal mélange pas mal d’univers et les références n’y manquent pas : un petit peu de Metroid Prime, de Dead Space, de Perfect Dark mais également de Stargate et pleins d’autres. Cet univers de science-fiction qui s’imbrique et qui se bâtit avec l’ensemble des références en un monde assez complexe incite à l’exploration pour le simple plaisir de la découverte du jeu. La direction artistique ainsi que l’univers sont vraiment sublimes.

Un gameplay nerveux et exigeant

Niveau gameplay, on est en présence d’un shooter 3D à la fois nerveux, exigent lors des phases de combat et à la fois calme lors des phases d’exploitation. Lors des phases de combats, les ennemis sont souvent très nombreux et certains vous assaillent des « boulettes » façon shoot’em up. Il faudra alors maitriser l’esquive (la « ruée ») de Selene pour passer entre les projectiles ennemis car lors de l’esquive, vous êtes invincible (heureusement d’ailleurs). Le fait d’abattre plusieurs ennemis sans se faire toucher fait grimper une jauge d’adrénaline qui débloque certaines capacités spéciales.

Au niveau des armes, une jauge de type XP augmente à chaque ennemi tué et permet d’améliorer l’efficacité de l’arme utilisée. Vous avez également des consommables qu’il faudra trouver qui permettra de devenir plus fort et de faciliter votre progression pour votre cycle. Néanmoins, sachez que certains consommables vous donneront des effets nocifs. Pour certains, vous pourrez les purifier pour enlever cet effet nocif en échange de quelques consommables. Il faudra donc réfléchir et faire le choix si ça vaut vraiment le coup de les prendre. Mais comme dit précédemment : une mort et vous perdez (presque) tout. Il faudra donc parfois se cacher derrière un mur, une porte voire fuir certains combats. Priorité absolue : survivre par-dessus tout.

Les “boulettes” façon shoot’em up que vous allez détester à force

Pour les phases d’explorations, ils sont plutôt classiques comme si on était dans un donjon avec parfois des portes secondaires et parfois des portes « confinés » qui permettent de combattre des ennemis en grand nombre et souvent puissants pour avoir de grosses récompenses mais dont la particularité est que vous restez enfermé dedans si vous ne les tuez pas tous. A méditer donc avant de s’y lancer.

Enfin, côté jouabilité, même si le feeling de la Dualsense est très agréable et que la maniabilité de Selene est fluide et dynamique (heureusement d’ailleurs), on notera le choix un peu contre intuitif des systèmes des gâchettes. Si certains aimeront le choix de changer du tir primiaire en secondaire en fonction de la pression de la gâchette L2, il s’avère qu’il est assez difficile de s’y habituer. Heureusement qu’un mode classique existe et permet d’avoir le choix.

Une histoire et une bande son en retrait

Comme raconté précédemment, le début de Returnal intronise un jeu à thriller de science-fiction dont Selene est coincé dans une planète qui a la particularité qu’a chaque fois qu’elle meurt, elle est ressuscitée. Ce concept de boucle temporelle nous bâtie une narration faite de cycles et donc non linéaire. Ce qui fait qu’à chaque essai, on peut potentiellement en apprendre un peu plus sur l’histoire notamment celle de la planète et de Selene via divers documents audios disséminés.

En soi, si l’idée paraît séduisante, il n’est pas rare, pour ne pas dire fréquent, de ne pas progresser narrativement parlant justement à cause du genre du jeu qui fait qu’on doit mourir fréquemment et donc parfois être bloqué. Ce qui paraît paradoxal : c’est la dimension ludique qui prend en définitive le pas sur l’histoire, non pas par manque d’intérêt mais simplement par manque de densité. Du coup, nous avons donc une histoire qui est en retrait et c’est bien dommage car il aurait mérité mieux dans ce domaine.

Croyez-moi, cet avion, vous allez le voir BEAUCOUP de fois

Un point sur la musique et les bruitages. Le sound design est, dans l’ensemble, réussi notamment grâce à l’utilisation d’un bon casque qui permet de profiter de l’audio 3D et de la spacialisation des sons. Même si l’OST offre quelques envolées symphoniques éthérée, il n’y a pas vraiment de thème à retenir même si je mettrais une petite mention sur une musique d’un des boss qui est assez envoutante.

Un contenu très timide mais une durée de vie solide

Dernier point sur la durée de vie et le contenu de Returnal. Même s’il est difficile d’estimer la durée de vie moyenne pour ce genre de jeu, on peut jauger 15 à 20 heures de jeu en allant tout droit jusqu’à la fin du jeu, 25 à 30 heures pour assister à la fin supplémentaire et presque 40 heures de jeu et plus pour un 100%. Même si le genre du jeu aide grandement, c’est une durée de vie très solide sachant qu’il y a mal de choses à récupérer.

En revanche, on ne peut pas en dire autant du contenu qui est très timide. A part un mode Défi avec classement, il n’y a rien d’autre à se mettre sous la dent. On aurait aimé par exemple un mode de scoring façon arcade qui aurait collé parfaitement avec le genre du jeu. Cependant, Housemarque nous a indiqué il y a quelques jours qu’il travaillait actuellement sur de nouveaux contenu peut-être sous forme de DLC en espérant qu’il puisse rehausser le niveau de contenu du jeu.

Returnal
62,90€

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