Dans le royaume des souls-like, FromSoftware règne en maître incontesté. Mais un autre genre s’en rapproche fortement : le Nioh-like. Dans les grandes lignes, les deux styles partagent bien des points communs. Là où le souls-like mise sur un monde interconnecté, le Nioh-like propose quant à lui des missions structurées, avec un début, une fin… et une tonne de loot.
Khazan: The First Berserker se range clairement du côté des Nioh-like. La vraie question, c’est de savoir s’il parvient à tirer son épingle du jeu… ou s’il échoue dès les premières marches de l’ascension.
Vous avez dit accessible ?
Première surprise : Khazan propose un choix de difficulté. Grisé au départ, le mode facile devient accessible après quelques échecs. Entendons-nous bien : opter pour ce mode ne rendra le jeu nettement plus abordable. De base, Khazan est exigeant, comme ses prédécesseurs spirituels. Son système de combat n’a rien de révolutionnaire, mais il reprend les mécaniques éprouvées de jeux comme Nioh ou Wo Long. Le jeu est découpé en missions accessibles via une carte, chacune suivant un cheminement classique : du point A au point B, en essayant de survivre dans un monde où chaque ennemi peut vous envoyer au tapis.

La progression est donc très linéaire, malgré quelques embranchements. Impossible de se perdre ici. Les incontournables feux de camp (appelés Lames Nexus) sont bien présents, permettant de faire une pause et d’améliorer son personnage. À noter : on trouve systématiquement une Lame Nexus juste avant l’entrée d’un boss, et en cas de défaite, l’expérience perdue est laissée devant la salle du boss, pas à l’intérieur. Un détail qui a son importance. De plus, chaque tentative contre un boss vous octroie un peu d’expérience en fonction des dégâts infligés, ce qui adoucit un peu la courbe d’apprentissage.
Tous ces ajustements rendent le jeu plus accessible, et renforcent l’envie d’aller plus loin. En mode facile, Khazan est clairement moins punitif que la majorité des Souls/Nioh-like. Le challenge reste présent, mais voir le générique de fin devient bien plus réaliste.

Des boss à revendre
Les boss reprennent ici leur rôle classique : ils vous attendent en fin de mission. Et autant le dire clairement, ils ne sont pas là pour plaisanter. Khazan propose environ 16 boss uniques, tous capables de vous faire mordre la poussière, même en mode facile. Il n’est pas rare de bloquer un bon moment, le temps de comprendre leurs patterns, d’apprendre à esquiver, et surtout à gérer la barre de garde. Le but est de la faire chuter rapidement pour sonner l’adversaire et lui infliger un maximum de dégâts. Cette mécanique est aussi cruciale face aux ennemis de base qu’aux boss.

Visuellement décevant ?
Si la direction artistique est plutôt réussie et bien servie par un cel-shading élégant, Khazan déçoit techniquement. Testé sur PS5 Pro, le mode performance est fluide, mais affiche une résolution assez basse, ce qui pique sérieusement les yeux sur un grand écran. Le mode qualité, lui, propose une image plus nette mais un framerate instable. À vous de choisir : fluidité ou netteté, mais pas les deux. Même sur PS5 Pro, l’expérience reste en deçà de ce qu’on est en droit d’attendre. Globalement, le jeu est propre, avec quelques panoramas agréables, mais il manque cruellement d’originalité dans son level design, extrêmement générique. Même constat du côté du bestiaire : trop de recyclage, pas assez de folie. Sur ces aspects, la domination de FromSoftware se fait cruellement sentir, et Elden Ring reste la référence absolue du genre.
Trop de loot tue le loot
Impossible de passer à côté : Khazan déborde de loot. Armes, armures, casques, gantelets, bottes, accessoires… tout y passe. À peine dix pas dans une mission que vous ramassez déjà un nouvel objet. Comme dans Nioh, le jeu noie le joueur sous une pluie d’équipements aux stats variées. Un exemple : vous avez un plastron niveau 2 avec 144 de défense, et vous en trouvez un autre, niveau 9, avec seulement 115 de défense. Le genre de dilemme qui embrouille inutilement. À force, trop de loot tue le loot. On passe plus de temps dans les menus qu’en combat, à comparer, trier, jeter…
