Les feuilles mortes commencent à tapisser les trottoirs, on oublie pas les vestes quand on sort le matin et la Champions League bat son plein. C’est dans ce décor automnal familier qu’EA Sports nous sert sa nouvelle itération annuelle de simulation footballistique. Après un FC 25 plutôt convainquant, on espérait secrètement que FC 26 enfoncerait le clou sur PS5. Spoiler alert : ce n’est toujours pas cette année que la révolution aura lieu, même si quelques ajustements bienvenus viennent rafraîchir une formule qui commence sérieusement à sentir le réchauffé.
Jeu testé sur PS5 à partir d’une version fournie par l’éditeur
Un habillage next-gen qui en met plein les mirettes
Il faut reconnaître à EA Sports FC 26 une qualité indéniable : le jeu est visuellement époustouflant sur PS5. Les desvs ont poussé encore plus loin les potards du photoréalisme avec des modélisations de joueurs toujours plus détaillées et des animations qui frôlent la perfection. Les expressions faciales, les gouttes de sueur qui perlent sur les fronts, les maillots qui se salissent progressivement… Tout concourt à créer une immersion visuelle totale qui nous rapproche un peu plus de l’expérience télévisuelle d’un vrai match. Même si, comme toujours, on peine à reconaitre certains joueurs….
L’interface a également subi un petit lifting bienvenu avec des menus épurés et modernes qui facilitent la navigation entre les différents modes. On apprécie particulièrement les nouvelles séquences de présentation d’avant-match avec des statistiques détaillées et des animations dynamiques qui renforcent l’ambiance des grandes rencontres européennes. Les stades sont magnifiquement retranscrits avec une attention particulière portée aux détails architecturaux et à l’atmosphère unique de chaque enceinte. Le Parc des Princes, l’Allianz Arena ou encore Anfield résonnent avec leurs chants spécifiques et leurs animations de supporters uniques. Les frisson sur Phil Colins….

Néanmoins, toute cette débauche graphique cache mal un sentiment de déjà-vu persistant. On a beau avoir des textures en 4K et du ray-tracing à gogo, on reste sur la même base que l’année dernière avec quelques retouches cosmétiques. C’est beau, c’est fluide à 60 FPS constants, mais ça manque cruellement d’innovation visuelle pour justifier pleinement le passage à la caisse annuel. D’autant plus que certaines animations, notamment lors des célébrations de buts, commencent à montrer leur âge avec des mouvements parfois saccadés qui brisent momentanément l’immersion.

Un gameplay à deux vitesses qui peine à convaincre
La grande nouveauté de cette édition 2026, c’est l’introduction de deux styles de jeu distincts : le mode « Simulation » et le mode « Compétitif ». Une idée séduisante sur le papier qui vise à satisfaire deux publics aux attentes diamétralement opposées. Dans les faits, cette dichotomie créée plus de confusion qu’elle n’apporte de solutions.
Le mode Simulation se veut être l’expérience la plus réaliste possible. Les passes sont plus lentes, les mouvements plus lourds, et l’inertie des joueurs enfin prise en compte. Un peu ce qu’était FIFA il y a une petite dizaine d’années en fait. On a davantage le temps de construire son jeu, de réfléchir à ses actions, et les matchs prennent une tournure plus tactique. C’est clairement le mode à privilégier pour ceux qui recherchent une expérience proche du football réel et qui veulent acheter le jeu au meilleur prix pour profiter d’une simulation authentique. Les duels physiques sont mieux gérés, les gardiens réagissent de manière plus cohérente, et on ressent vraiment la différence entre un Mbappé et un défenseur de Ligue 2.

À l’opposé, le mode Compétitif mise tout sur la vitesse et les réflexes. C’est le royaume du ping-pong footballistique où les transitions défense-attaque se font en trois passes et où les joueurs semblent tous avoir avalé des amphétamines. Les dribbles sont surpuissants, les passes en profondeur systématiquement létales, et les gardiens alternent entre arrêts miraculeux et boulettes inexplicables. C’est fun une demi-heure, mais ça devient vite lassant tant le gameplay manque de nuance et de profondeur tactique.
Le problème, c’est que même en mode Simulation, on retrouve certains travers historiques de la série. Les défenseurs ont toujours cette fâcheuse tendance à regarder le ballon passer sans réagir, les arbitres distribuent des cartons de manière aléatoire, et l’IA adverse abuse toujours autant des mêmes schémas de jeu répétitifs. Les collisions restent approximatives avec des joueurs qui se téléportent parfois pour récupérer le ballon ou qui glissent sur plusieurs mètres après un contact. C’est frustrant et ça casse complètement le rythme des matchs, surtout quand on encaisse un but suite à un bug de collision ou une mauvaise détection de hors-jeu.
Une montagne de contenu noyée dans les microtransactions
Comme d’habitude, EA Sports FC 26 ne lésine pas sur la quantité de contenu proposé. Ultimate Team reste évidemment le mode phare avec ses milliers de cartes à collectionner, ses défis hebdomadaires et ses événements saisonniers. Le mode Carrière a été légèrement retouché avec de nouvelles options de personnalisation pour créer son club de toutes pièces et quelques cutscenes supplémentaires pour dynamiser l’expérience. Volta Football fait son retour avec de nouveaux terrains urbains et des défis de street football toujours aussi décalés.
Mais impossible d’ignorer l’éléphant dans la pièce : les microtransactions sont omniprésentes et de plus en plus agressives. Ultimate Team est devenu une véritable machine à sous où il est quasiment impossible de constituer une équipe compétitive sans passer à la caisse. Les packs sont hors de prix, les probabilités d’obtenir de bonnes cartes ridicules, et le matchmaking vous oppose systématiquement à des équipes dopées aux cartes premium si vous refusez de sortir la carte bleue. C’est d’autant plus frustrant que le mode reste techniquement excellent avec une profondeur stratégique indéniable et des mécaniques de progression addictives.

Le mode Carrière reste une valeur sûre pour ceux qui veulent fuir cette monétisation agressive. Les améliorations sont minimes mais bienvenues : meilleure gestion des transferts, système de moral des joueurs plus réaliste, et quelques options tactiques supplémentaires. On regrette toujours l’absence d’un véritable mode histoire scénarisé à la FIFA The Journey, mais l’ensemble reste suffisamment prenant pour justifier quelques dizaines d’heures de jeu. Pro Clubs bénéficie également de quelques ajustements avec de nouvelles options de personnalisation et un système de progression légèrement revu, mais rien de révolutionnaire.
Sachez que le contenu proposé reste conséquent et qu’il y en a pour tous les goûts. Que vous soyez un joueur solo adepte du mode Carrière, un compétiteur acharné sur Ultimate Team ou un amateur de football de rue sur Volta, vous trouverez de quoi vous occuper pendant des mois. Le problème n’est pas la quantité mais bien la qualité et l’innovation qui font cruellement défaut.
