Tombé dans l’oubli depuis l’avènement de la saga Assassin’s Creed, Prince of Persia n’en reste pas moins une licence culte aux yeux d’un grand nombre de joueurs. Développé par un certain Jordan Mechner, le tout premier volet de la série a vu le jour sur Apple 2 en 1989 avant d’être porté sur de nombreuses plateformes. La création de Prince of Persia. Carnets de bord de Jordan Mechner 1985-1993 est un ouvrage qui revient sur la création du jeu et des premières années qui ont suivi.

Sorti en 1989, le jeu vidéo Prince of Persia est considéré comme le pionnier du genre action/plateformes. Grâce à ses mécaniques et ses animations révolutionnaires pour l’époque, il a acquis au fil du temps un grand succès critique et commercial. Entièrement conçu par un seul homme, Jordan Mechner, Prince of Persia est une oeuvre culte du jeu vidéo.

Cet ouvrage présente les carnets de bord de Jordan Mechner, de 1985 à 1993. Riche en anecdotes en tout genre, il décrit le processus decréation du jeune réalisateur pour Prince of Persia et sa suite. À travers ce récit, Jordan Mechner ne dévoile pas seulement les secrets techniques de son oeuvre, mais aussi les sentiments par lesquels il est passé durant son voyage créatif : ses joies bien sûr, mais aussi ses doutes et ses frustrations. Une aventure humaine qui passionnera toute personne s’intéressant à la création artistique.

Pour accompagner ce passionnant récit, attendez-vous à une myriade de documents d’époques au fil de la lecture. Affiches, coupures de presse, photographies, tout a été soigneusement conservé par Jordan depuis plus de trente ans.

Mot de l’éditeur

Prince of Persia : la génèse d’un jeu culte

Est-ce que vous saviez que le tout premier Assassin’s Creed devait être à l’origine un spin-off de Prince of Persia ? Non ? Sachez qu’il n’y a rien d’étonnant à l’ignorer, ça montre à quel point l’industrie du jeu vidéo peut être cruelle avec sa propre histoire. Avant de tomber dans l’oubli aux yeux du grand public, balayée d’un revers de la main par la machine qu’est devenu Assassin’s Creed aujourd’hui, Prince of Persia était une licence auréolée de succès, portée par un tout premier épisode qui n’a en aucun cas volé son statut de jeu culte. Développé par un seul homme, Jordan Mechner, Prince of Persia a vu le jour en 1989 sur Apple 2 et a très rapidement été porté sur presque toutes les machines et plateformes de l’époque. D’ailleurs, rares sont les joueurs à y avoir joué sur l’ordinateur d’Apple, mais plutôt sur PC ou encore la sacro sainte Game Boy (oui, chez nous on dit LA Game Boy). Pour ceux qui n’y auraient jamais touché, le but de Prince of Persia est de parcourir une série de niveaux lymbiratiques en moins d’une heure pour sauver une princesse des mains d’un odieux Vizir. En plus de devoir retrouver son chemin et ne pas tomber dans les très nombreux pièges, il faut surtout combattre au sabre les gardes qui nous barrent la route. Un gameplay très accrocheur qui, à l’époque, était subjugué par des animations incroyables. Aujourd’hui encore, le jeu reste très agréable à faire malgré une lourdeur dans les contrôles.

Quelques années plus tard, la franchise Prince of Persia est tombé sous le giron d’Ubisoft et nous avons eu le droit à l’excellente trilogie des sables du temps. Des jeux intégralement en 3D où il est possible de remonter le temps afin d’éviter une mort certaine ou recommencer une action manquée. Un concept qui a été repris en 2008 dans le reboot de la franchise pour faire disparaitre la notion même de game over et qui a créé une petite polémique au passage. Enfin, on a le eut droit à un film en 2010, scénarisé par Jordan Mechner lui-même, accompagné d’une très moyenne adaptation en jeu vidéo. Ce qui a été le dernier contact de la franchise avec son public jusqu’à l’annonce récente d’un remake des Sables du temps qui sortira en mars prochain sur PS4 et Xbox One / Xbox Series . En espérant que le succès soit au rendez-vous qu’on est enfin droit à un nouvel épisode à la hauteur de l’aura de la série.

Le journal intime de Jordan Mechner

Contrairement aux ouvrages traditionnels qu’on peut trouver chez Third Editions, la création de Prince of Persia. Carnets de bord de Jordan Mechner 1985-1993 n’est pas l’analyse d’un ou plusieurs auteurs sur la création d’un jeu, mais une plongée au cœur même du processus de création. En effet, l’ouvrage est une édition du carnet de bord de Jordan Mechner qu’il tenait presque quotidiennement entre 1985 et 1993. Ce qui fait qu’au lieu d’avoir une simple interprétation des événements, aussi bonne soit-elle, on vit la création d’un jeu vidéo en direct avec toutes les joies, les peines, les craintes et l’excitation de son créateur au jour le jour. En 1985, alors qu’il vient d’être fraichement diplômé, Jordan Mechner s’installe à San Francisco et vit des royalties de Karateka, son tout premier jeu. Mais alors qu’il devait se lancer à la conquête d’Hollywood en tant que scénariste de film, Jordan Mechner a cédé à l’appel de son éditeur et à cette envie viscéral de créer un nouveau jeu. C’est donc ainsi qu’a commencé le développement de ce qui devait être à l’époque un jeu se basant vaguement sur les comtes des mille et une nuits. On découvre ainsi, au jour le jour, les coulisses de la création d’un jeu à une époque où seule une personne pouvait s’en occuper. Avec son lot de hauts et de bas, de crispations, de peurs, de tension, de nuits blanches, de compromis, mais aussi de victoires.

Ainsi, on se surprend à être heureux pour l’auteur lorsqu’il termine le développement d’une fonctionnalité, à être admiratif de l’ingéniosité mise en place pour la création des animations ou encore à être de son côté lors des négociations de son contrat. Car si le livre s’attarde énormément sur la partie développement et créative du jeu, on ne loupe rien de la partie business et on se rend compte à quel point le jeu vidéo peut être un milieu très froid dès qu’il s’agit de parler de dollars. De plus, s’agissant finalement du journal intime de Jordan Mechner, il n’y a aucune censure et aucun filtre ce qu’il a pu dire ou penser à l’époque. Ainsi, s’il avait énormément d’estime sur certains de ses collègues, il n’hésite pas à dire tailler en pièces les personnes qu’il jugeait incompétentes. Notamment au marketing. Aussi, pour donner plus de relief au contenu du carnet de bord, on a le droit à des annotations et même des dessins de Jordan Mechner afin d’ajouter quelques petites explications ici et là. Il y a même des photos d’époque, des scans de lettres ou encore la copie de ses contrats.

Au final, qu’on soit fan ou non de Prince of Persia, ce livre est un véritable petit bijou, une mine d’informations qui se dévore presque d’une traite tant il est agréable à lire. Et si jamais vous aimez les beaux objets, sachez qu’il existe une édition prestige du bouquin avec un joli coffret, des pin’s et même une cassette audio.