[TEST] Far Cry 6 – PS5

Conclusion

Far Cry 6 ne fait pas la révolution qu’on pouvait attendre. Pire, on a même l’impression que c’est le contraire. Pourtant, on sent que Ubisoft avait de bonnes intentions, en atteste le trailer de la cinématique d’intro qui est un petit bijou. L’univers de l’ile de Yara est une réussite, l’aspect graphique et sonore sont corrects (sans être exceptionnelles) et pouvoir faire l’aventure en co-op est fun en soit. Mais tout ça est balayé et étouffé par les gros défauts du jeu : l’I.A est catastrophique, la map est beaucoup trop grande pour des quêtes sans intérêts voire même parfois inutiles car elles sont redondantes dans la manière de les faire et donc impactent le contenu du jeu qui est pourtant plus que conséquent, le pitch du scénario est le même que les autres opus, les personnages sont stéréotypés et clichés, l’arsenal des armes, le système de « buffs », de « craft » et l’aspect RPG du jeu sont optionnels, anecdotiques voir même parfois contraignantes. En découle alors une lassitude globale, une lourdeur, ainsi qu’un manque de cohérence qui ne fait pas honneur au prestige de la licence. Et c’est bien dommage car avec la sortie des consoles next-gen, il y avait tellement moyen de faire beaucoup plus qu’un « Far Cry 5 bis ». Dommage !

Après un Far Cry 5 sans trop de surprises qui ressemblait à son prédécesseur qui lui-même ressemblait à Far Cry 3, les opus se suivaient sans réelles révolutions malheureusement. Après plus de trois ans de pause, c’est avec grande attention que Far Cry 6 débarque. Ça tombe plutôt bien car en plus de l’arrivée des consoles next-gen, qui peux donc donner un nouvel élan à la licence, le jeu nous raconte l’histoire d’une révolution. Est-ce que ce sera enfin le cas pour cet opus ?

Jeu testé sur PS5 à partir d’une version fournie par l’éditeur

Test de Far Cry 6 : Bienvenue à Yara et le boss c’est Antón Castillo

L’histoire commence avec une intro du grand méchant du jeu, Antón Castillo qui nous présente l’île fictive de Yara, un archipel paradisiaque largement inspiré de Cuba dont le régime totalitaire est mené par ce dernier. Un dictateur épouvantable incarné par le célèbre acteur connu pour son rôle de Gus Fring dans Breaking Bad, Giancarlo Espositio. Il profite du “Viviro”, un composant chimique cultivé dans les champs de tabac locale pour imposer sa nation à l’internationale. Supposé être un traitement révolutionnaire contre le cancer, le Viviro est malheureusement un moyen qui meurtrit les ouvriers et la population. Travail forcé, exécutions publiques, propagande à foison, expériences sur les citoyens : le gouvernement de Castillo va loin… Beaucoup trop loin pour Dani Rojas, le personnage qu’on incarne dont on choisira le sexe au début du jeu et qui rejoindra le groupe révolutionnaire Libertad par la force des choses pour libérer l’île du dictateur Anton Castillo.

C’est Dani pas Dany ! C’est quoi ces papiers de m*rde ?!

Sans trop vouloir vous spoil, le pitch ressemble beaucoup trop aux opus précédents à savoir un drame qui va pousser notre personnage à se rebeller face à l’ordre établi. On aurait aimé plus de prise de risque de la part de Ubisoft. Pourtant dans ce Far Cry 6, Dani Rojas est beaucoup plus vivant avec un visage, une voix et surtout une présence visible dans les cinématiques et la mise en scène qui apportent une immersion narrative qui manquait à la licence Far Cry depuis le départ. Problème : les personnages sont tous des stéréotypes et des clichés habituels du genre que parfois on a l’impression que le scénario manque de cohérence. Tantôt le scénario nous parle de situations très sérieuse (la mort des gens, de la torture, etc.) et presque tout de suite après, on se retrouve avec des situations loufoques et des caricatures grossières. Difficile de s’impliquer et de s’attacher à la cause générale du jeu et donc aux personnages. Pourtant, comme dit précédemment, le choix du sexe de notre personnage au début du jeu aurait pu nous donner deux histoires distinctes mais quel est l’utilité si finalement on joue un personnage générique ? Car oui, peu importe le choix de ce dernier, l’histoire restera la même. Et c’est d’autant plus dommage lorsqu’on regarde le trailer de la cinématique d’intro qui est un bijou et qui nous annonçait vraiment de grandes promesses.

Un univers et une ambiance à la cubaine réussie…

Si c’est bien une chose que Ubisoft est très fort en revanche, c’est sur les univers de leurs jeux et ce Far Cry 6 ne déroge pas à la règle. Que ce soit en terme d’environnement, d’ambiance visuelle, d’ambiance sonore, de faune, de véhicules (puisqu’on a des voitures, des motos, des quads, des camions, des jet-skis, du wingsuit, du parachute, des avions et même des hélicoptères), sans parler du cycle jour-nuit et de la météo dynamique vraiment maitrisés, tout est fait pour nous rappeler l’ambiance cubaine et c’est super bien fait. On prend limite du plaisir à stopper son aventure pour aller nager sur les eaux turquoise, à pêcher, à monter les falaises à coup de grappin, à les dévaler en parachute ou encore à explorer les forêts à cheval par exemple. D’autant que la version sur PS5 (grâce à la DualSense) rend l’expérience encore plus immersif. Concrètement, on ressent chaque sabot lors du chevauchement de notre cheval ainsi que dans chaque véhicule à 4 roues les pédales de frein et d’accélération.

Je vais me posticher là-haut, la vue doit être belle !

mais complétement gâché par le game design et le gameplay du jeu

Si l’univers du jeu est plus que réussi, on ne peut pas dire autant sur l’aspect général technique du jeu. Tout d’abord, sachez que sur PS5 et sur Xbox Series X, l’ensemble tourne en 4K à 60 fps. Il ne faudra pas oublier de télécharger le pack de textures HD de 26 GO pour profiter au maximum l’expérience visuelle du jeu. C’est un peu dommage que ce ne soit pas mis par défaut dans le jeu (peut-être à cause la PS4 et la Xbox One ?)

Un aspect graphique correct mais avec du « tearing »

D’autant que visuellement Far Cry 6 est très agréable. Les panoramas sont parfois très jolis. Néanmoins, on a l’impression en contrepartie, certaines textures sont datées. Pire, il m’est arrivé d’avoir du « tearing » (des déchirements d’images) surtout quand on est dans les véhicules et dans certaines missions. Pour des consoles next-gen, ça fait quand même tâche.

On joue à celui qui trouve l’erreur : il y a du tearing sur cette image. Si vous le trouvez je vous donne… un bonbon ?

Une I.A cata sismique…

Et là, on va rentrer dans les deux aspects les plus ratés de ce Far Cry 6 à commencer par l’I.A qui est tout simplement catastrophique. Pratiquement toutes les I.A sont bancales. C’est simple : si en moins de 5 minutes, vous ne croisez pas un PNJ ou un ennemi faire littéralement n’importe quoi, c’est un exploit. Si on couple ça avec la conduite qui est très limite avec tous les véhicules, ça vous donne des scènes assez surréalistes et parfois drôles. Il m’est même arrivé pendant ma phase de test, lors d’une mission, pendant un voyage en camion avec un PNJ qui conduisait (et donc je n’avais pas le contrôle de mon personnage), un ennemi nous a attaqué en chemin. Le PNJ en question alternait entre le texte qui devait jouer, la conduite vers notre destination et défendre contre l’ennemi qui nous attaquait. Et bha figurez-vous que j’ai eu un « Game Over » car l’ennemi à tuer mon PNJ et je devais recommencer TOUTE la mission ! Autant dire que j’étais vert…

Même quand je meurs, j’ai la classe. Il y a quoi ?

Ce genre de situation s’explique, en autre et souvent, sur le fait que le « path finding » (« recherche de chemin » en français qui consiste d’aller d’un point A à un point B en passant par un chemin, d’où le nom) des I.A ont mal été codé à mon avis. Et c’est d’autant plus dommage car dans cet opus, Far Cry 6 intègre un système « d’amigos » qui consiste à nous aider dans nos quêtes et missions. Mais vu que le « path finding » n’est pas au point, on s’en lasse très vite de les utiliser.

Des quêtes redondantes et même inutiles

Autre élément qui peut être très vite lassant et qui est également redondant, ce sont les missions et les quêtes. C’est simple, on a l’impression que ce sont toutes les mêmes et surtout en boucle du début à la fin que ce soient les principales ou annexes ou alors qu’elles sont complétement inutiles. Va capturer un avant-poste, va libérer des alliés, va tuer tous les ennemis d’une zone ou chercher un matériel, … Les développeurs ont beau avoir varié les intitulés pour qu’ils soient bien différents à chaque fois en haut à gauche de l’écran, difficile de tromper tout de même le joueur. Surtout que si on a déjà joué aux opus précédents, on se rend très vite compte de la supercherie. Il y a même une quête qui nous oblige à récupérer du matériel pour réparer une grosse machine pour ensuite… la détruire… tout de suite après… Si on couple l’inutilité de ce genre de quête à la map qui est immense finalement on est plus blasé qu’autre chose par la taille de cette dernière. Mais le pire, c’est qu’on la possibilité de faire l’aventure en co-op en même temps et c’est assez rare pour le souligner. Ce qui est une très bonne idée en soit mais faire la même chose tout seul c’est assez lassant alors le faire à 2… Dommage !

Vu comme ça, ça l’air petit mais croyez-moi, la map est immense

Un coté RPG anecdotique

On pourrait croire que cette redondance est plus ou moins contrebalancé par l’arsenal des armes et l’aspect RPG entremit par le jeu mais finalement cela reste anecdotique dans le sens où non seulement on sait déjà ce qu’on peut débloquer (et donc prédisposer nos futures actions, nos futures « craft», action qui consiste à fabriquer un objet à partir de plusieurs ingrédients) ce qui enlève donc l’aspect « buff » (terme utilisé pour désigner un sort ou un pouvoir qui confère un supplément de force ou de compétence au joueur) global du jeu mais surtout, on peut faire tout le jeu avec la même arme du début du jeu sans gros soucis majeur. Au pire, on rajoute un silencieux grâce à l’établi mais c’est largement suffisant pour terminer le jeu puisque tu peux éliminer les ennemis en mode furtif.

Le fameux établi qui permet de personnaliser nos armes en autre

Un aspect sonore de bonne qualité

Petit crochet sur l’aspect sonore du jeu qui est de bonne qualité sans être exceptionnel. Far Cry 6 reste dans les clous de ses aînés. Les diverses musiques hispaniques collent super bien à cette ambiance totalement cubaine pour un résultat assez satisfaisant. On peut néanmoins noter une VF assez convenable sur les dialogues. Sans pour autant sauter au plafond, l’atmosphère sonore de Far Cry 6 fait donc le job.

Un contenu conséquent pour une durée de vie qui questionne

Avec son grand monde ouvert, Far Cry 6 regorge d’activités à accomplir avec de nombreuses quêtes annexes au compteur et pas mal de défis à venir à bout. Il faut savoir que le titre compte de très nombreux collectibles à ramasser un peu partout sur la carte, ce qui augmente ainsi drastiquement la durée de vie du titre.

Il y a de quoi faire niveau collection

En mode Facile et en fonçant, il est possible de terminer l’aventure en moins de 20 heures et de tabler sur le 100% en une quarantaine d’heures. Ça reste globalement plus de correct si on fait l’impasse sur la redondance des quêtes et des missions.

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Far Cry 6 ne fait pas la révolution qu’on pouvait attendre. Pire, on a même l’impression que c’est le contraire. Pourtant, on sent que Ubisoft avait de bonnes intentions, en atteste le trailer de la cinématique d’intro qui est un petit bijou. L’univers de l’ile de Yara est une réussite, l’aspect graphique et sonore sont corrects (sans être exceptionnelles) et pouvoir faire l’aventure en co-op est fun en soit. Mais tout ça est balayé et étouffé par les gros défauts du jeu : l’I.A est catastrophique, la map est beaucoup trop grande pour des quêtes sans intérêts voire même parfois inutiles car elles sont redondantes dans la manière de les faire et donc impactent le contenu du jeu qui est pourtant plus que conséquent, le pitch du scénario est le même que les autres opus, les personnages sont stéréotypés et clichés, l’arsenal des armes, le système de « buffs », de « craft » et l’aspect RPG du jeu sont optionnels, anecdotiques voir même parfois contraignantes. En découle alors une lassitude globale, une lourdeur, ainsi qu’un manque de cohérence qui ne fait pas honneur au prestige de la licence. Et c’est bien dommage car avec la sortie des consoles next-gen, il y avait tellement moyen de faire beaucoup plus qu’un « Far Cry 5 bis ». Dommage ![TEST] Far Cry 6 - PS5