Test de Resident Evil Village sur PS5

Conclusion

Resident Evil Village est typiquement le genre de jeu dont l’appréciation finale dépend de la sensibilité du joueur. Si la première partie est particulièrement brillante dans sa façon d’aborder la peur, le reste de l’aventure l’est un peu moins en misant beaucoup trop sur l’action. Un problème de rythme qui n’empêche pas le jeu de Capcom de regorger de qualité et de proposer une aventure d’une petite dizaine d’heures qu’on parcourt sans jamais bouder son plaisir. Pourtant, une fois le jeu bouclé, impossible de ne pas se dire que Resident Evil Village aurait pu être nettement bien meilleur avec un peu plus de cohérence et une ligne directrice un peu plus claire.

Après un « soft » reboot plutôt réussi de la saga avec Resident Evil VII il y a maintenant plus de trois ans, Capcom continue sur sa lancée et nous raconte la suite des aventures d’Ethan Winters et de sa famille dans Resident Evil Village. Un jeu qui prend le parti d’explorer différentes facettes de la peur, quitte à en perturber le rythme de l’aventure avec ses hauts, mais aussi ses bas. Ce qui ne l’empêche pas d’être au final particulièrement plaisant. C’est d’ailleurs ce qu’on explique dans notre test

Jeu testé sur PS5 à partir d’une version fournie par l’éditeur

Test de Resident Evil Village

Comme son nom l’indique clairement, ou du moins presque, Resident Evil Village est la suite directe de Resident Evil VII. Trois ans après les évènements qui se sont déroulés dans la propriété des Baker, on retrouve Ethan et sa femme Mia dans un pays d’Europe de l’Est où ils coulent des jours heureux en compagnie de leur fille Rose. Mais ça, c’était avant qu’une escouade ne débarque en pleine nuit pour gâcher le diner et embarquer toute la petite famille avec perte et fracas. On évite de vous donner trop de détails pour ne pas vous gâcher l’effet de surprise, mais sachez juste qu’après un accident durant le convoi, Ethan se réveille seul dans la neige aux abords d’un mystérieux village perdu en plein milieu des bois. En clair, après avoir tout fait pour retrouver sa femme en Louisiane trois ans plus tôt, Ethan va maintenant devoir se plier en quatre pour récupérer sa fille. Surtout que le village est loin d’être accueillant avec ses maisons qui tombent en ruine, des villageois terrifiés qui se cachent, des lycans qui vous attaquent sans vous demander votre avis ou encore cette vieille dame qui file bien plus les jetons qu’elle ne rend service. En somme, une destination idéale pour les vacances et une ambiance qui fera échos aux fans de Resident Evil 4.

Le château Spencer, à moins que ce soit le Manoir Dimitrescu ?

Durant les trois dernières années, et sur les bons conseils d’un certain Chris Redfield, Ethan a suivi un entrainement pour ne pas se retrouver démunie face à la menace et manier les armes avec un peu plus d’assurance. Pour autant, hormis les quelques lycans qui trainent dans le village, le début de l’aventure ne donne pas véritablement l’occasion de tester les nouvelles capacités de notre compagnon de route. On se retrouve ainsi dans le château de Dimitrescu, cette très grande dame avec son chapeau que vous avez certainement dû voir dans les différents trailers du jeu, pour baigner dans une ambiance qui nous renvoie indubitablement au manoir Spencer du tout premier Resident Evil. D’autant plus qu’on se retrouve seul à errer dans les couloirs sombres d’une grande bâtisse qui a l’air d’avoir été figée dans le temps. De quoi installer une ambiance assez lourde où l’anxiété s’installe rapidement lorsqu’on se retrouve pourchassé par la maitresse des lieux qu’on entend arriver à ses pas lourds qui résonnent un peu partout dans le château. Malheureusement, si les premières rencontres font leur petit effet, la sensation s’estompe bien trop vite une fois qu’on a compris le système pour la contourner sans trop de difficulté. Ce qui est un peu moins le cas avec ses trois filles, entourées d’une nuée d’insectes, qui semblent même immortelles jusqu’à ce que le jeu se décide à nous dévoiler leur point faible pour qu’on s’en débarrasse à coups de fusil à pompe lors de trois affrontements. D’ailleurs, comme le veut la tradition de la franchise, il faut faire preuve d’économie avec les munitions sous peine de se retrouver en mauvaise posture face aux quelques locataires qui déambulent dans le château. Notamment lorsqu’on se retrouve dans les sous-sols qui sont noyés dans ce qui ressemble à du sang ou encore lorsqu’on doit traverser une série de cachots dans une obscurité presque totale. Enfin, histoire de rendre la traversée des lieux un petit moins expéditive, on a le droit à quelques petites énigmes. Des statues à déplacer, des torches à allumer ou encore des cloches à actionner. Rien de véritablement compliqué, mais suffisamment appuyées pour donner un soupçon d’intérêt à une première partie qui se révèle être incroyablement courte. De quoi nous laisser frustré une fois arrivée au bout. Non pas que la durée de vie soit un problème, mais on a cette désagréable sensation de se retrouver privée de quelque chose alors qu’on commençait à peine à s’amuser.

Level One

Rassurez-vous, ce n’est pas du tout une insulte, mais Resident Evil Village est un jeu tout ce qu’il y a de plus Japonais dans sa structure. Le village est en réalité un hub qui nous sert de point de passage afin d’accéder à différentes zones de jeu réparties tout autour. Ainsi, après le château de Dimitrescu, on se retrouve à aller gambader dans ce qu’on pourrait qualifier de maison hantée, dans une usine dont on ne vous dira rien, dans les ruines d’une forteresse ou encore dans des grottes aux abords d’un lac tout ce qu’il y a de plus poisseux. Et bien que le jeu soit construit pour nous donner une certaine forme de liberté, il est par exemple possible de retourner en arrière pour récupérer des collectibles, le jeu reste très linéaire, mais est nettement moins organique que son prédécesseur où les événements s’enchainaient naturellement sans qu’on ait cette sensation de passer au niveau suivant. Une sensation qui est d’autant plus forte lorsqu’on croise le Duc au centre du village pour faire le plein de munitions, améliorer ses armes, augmenter la capacité de son inventaire ou encore confectionner des plats avec des vivres pour débloquer différentes capacités. Une mécanique qui a tendance à hacher l’aventure en plus d’égratigner l’immersion. Mais tout ça n’est rien face à ce qui sans doute la plus grande force du jeu, mais aussi son plus gros problème : le mélange des genres !

Quatre jeux en un

Comme nous vous le disions juste au-dessus, Resident Evil Village est découpé en plusieurs niveaux où chacun aborde une différente facette de la peur. Loin de nous l’idée de vous gâcher le plaisir, mais si le château adopte l’ambiance et le traitement originel de ce qu’est un Resident Evil, le jeu s’évertue à changer de registre par la suite. Une mécanique tout ce qu’il y a de plus originale, mais qui affecte le rythme de l’aventure. Par exemple, on se retrouve plongé dans le noir et sans aucune arme dans une maison qui semble habitée par une présence démonique. Un passage particulièrement réussi qui en fera sursauter plus d’un, même les plus téméraires ! Ensuite, on a le doit à un côté beaucoup plus porté sur l’action avec un mix entre Doom et le mode Zombie de Call of Duty où l’on doit repousser des vagues d’ennemis ou encore faire parler ses réflexes au détour d’un couloir étroit et mal éclairé. Quelque part, on pourrait presque dire que Resident Evil VIII est une espèce de pot-pourri de ce qu’a fait la saga ces vingt dernières années avec quelques petites touches de nouveautés ici et là.  S’il y a de quoi souligner l’originalité de l’exercice, le jeu perd en unicité et on ne sait jamais vraiment sur quel pied danser et à quelle sauce on va être mangé. Un peu comme si plusieurs équipes avaient travaillé sur une partie du jeu de leur côté avant que tout soit assemblé au dernier moment. Même les combats de boss, qui sont ici assez nombreux, manquent cruellement d’harmonie et n’offrent pas de montée en puissance.

De plus, là où Resident Evil Village échoue dans sa proposition, c’est que le gameplay ne fonctionne pas dans tous les cas de figure. En effet, malgré son entrainement, Ethan reste un personnage assez lent, lourd, voire même pataud. Un état de fait qui fonctionne plutôt bien dans le premier tiers du jeu où le manque de mobilité apporte une forme de tension, mais qui se vautre dès lorsqu’on se retrouve face à une vague d’ennemis. Alors oui, on panique et la tension est à son maximum, mais le jeu en devient poussif si ce n’est même désagréable. Au final, bien qu’il ne déçoive jamais vraiment, Resident Evil Village reste un jeu qui souffle le chaud et le froid au fil de l’aventure. Un premier tiers brillant, un second poussif et un final loin d’être inintéressant. Un constat qui pourra différer selon votre sensibilité et qu’on pourrait également appliquer à la partie technique. 

C’est beau et ça brille

Bien qu’il existe quelques exceptions, Resident Evil a toujours été une série qui en met techniquement plein la vue. Ceux qui ont connu le choc de la découverte du premier Resident Evil en 1996 n’iront certainement pas vous dire le contraire. De fait, Resident Evil Village ne déroge pas à la règle et nous en met plein la tronche sur PS5. Et ce, que ce soit techniquement parlant ou artistiquement. Du moins, lorsqu’on se retrouve dans des endroits clos où les jeux de lumière et la qualité des textures impriment une ambiance assez folle et avec une insolente maestria. Cependant, dès lors qu’on sort le nez à l’extérieur, le jeu bascule étrangement vers du classique. Voir même du sacrément médiocre si on s’amuse à scruter les textures un peu paresseuses qui recouvrent le sol. Là encore, le jeu manque d’harmonie et ne parvient jamais à sortir une partition d’un seul tenant. Dommage. Pour les amateurs de parquet qui brille, vous avez la possibilité d’activer le Ray Tracing au détriment d’un framerate à 60fps. Ce qui est loin d’être un véritable sacrifice tant le jeu tourne à merveille en 30 fps. Surtout que le mode apporte un meilleur cachet au jeu avec des jolis effets de lumière et de magnifiques reflets sans en abuser. Combiné à un travail remarquable au niveau du son, qui a de quoi vous mettre les chocottes lorsqu’on joue au casque et dans le noir, on peut dire que Resident Evil Village réussit plutôt bien son arrivée dans le monde de la next-gen. Néanmoins, et c’est un cri du cœur, il faudrait que Capcom se décide enfin à adopter un design unique et surtout cohérent pour ce pauvre Chris qui continue de changer de visage entre deux jeux. En plus d’être un profond manque de respect pour un personnage qui est là depuis le tout début, c’est surtout incroyablement grotesque. 

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Marko
Maître des lieux. S'il y a des bugs, c'est de ma faute !

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