Test de Outriders sur PS5

Conclusion

Malgré sa réalisation très moyenne, son scénario digne d'un direct to DVD, le classisme de son gameplay ou encore l'instabilité de ses serveurs, Outriders n'en reste pas moins une très chouette surprise en plus d'être un assez bon jeu shooter looter. On prend plaisir à y jouer, la sensation de montée en puissance est au rendez-vous et on y revient sans bouder son plaisir. Reste à savoir comment le jeu évoluera dans le temps, mais Square Enix possède une excellente base pour évoluer vers une expérience encore meilleure.

Développé par les polonais de People Can Fly et édité par Square Enix, Outriders rejoint Destiny ou encore Borderlands dans l’arène des shooter looter. Un style de jeu très à la mode où les éditeurs tentent tous de s’y engouffrer avec plus ou moins de réussite. Et s’il y-a de quoi douter des chances d’Outriders, avec ses serveurs défaillants, son manque cruel d’originalité et sa réalisation très aléatoire, force est de constater que la sauce finit par prendre.

Jeu testé sur PS5 à partir d’une version fournie par l’éditeur

Outriders, ou les nouveaux explorateurs

Alors que le monde court à sa perte, il ne reste plus qu’une seule solution à l’humanité pour ne pas s’éteindre : fuir et trouver une nouvelle terre d’accueil quelque part dans la galaxie. Et c’est ainsi que commence Outriders, aux abords d’Enoch, une planète qui propose toutes les particularités pour enfin accueillir ses premiers colons. Mais ça, c’était sans compter sur l’anomalie, une espèce de tempête électromagnétique qui décime tout sur son passage et qui octroie à certains “chanceux” d’étranges pouvoirs. C’est d’ailleurs ce qui arrive à notre personnage, un agent de l’ECA, qui se retrouve plongé en cryostase pour échapper à la mort. Malheureusement, on se réveille 30 ans plus tard dans une monde complètement métamorphosé par une guerre qui faite rage et la menace permanente de l’anomalie qui détruit et altère toute forme de vie sur son passage. Voilà, en quelques lignes, le pitch du scénario d’Outriders, un jeu qui use les ficelles très classiques de la science-fiction pour nous servir un récit sans saveur, très générique et surtout aussi intéressant qu’un film de RTL9 qui passerait un dimanche soir en plein mois d’aout.

De plus, au-delà de la qualité du récit qui trouvera très certainement son public, la narration est laborieuse et portée par des cinématiques qui ont bien dix ans de retard. Hélas, la réalisation est aussi à l’avenant avec un jeu loin d’être “moche”, mais pas du tout aux standards de ce qu’on est en droit d’attendre en 2021. Surtout sur PS5. Par contre, la planète Enoch reste la belle surprise d’Outriders avec son vaste terrain de jeu et ses nombreux environnements très variés nous faisant passer d’un cratère volcanique à des hauteurs enneigées en passant par des marécages aussi poisseux que boueux. Mais surtout, on sent que la planète possède un lourd passé avec ses nombreux mystères. Le jeu aurait clairement gagné à proposer une narration organique dans la même veine que Bloodnorne plutôt que s’embêter avec un scénario finalement assez grotesque.

La meilleure défense, c’est l’attaque

Si le studio People Can Fly ne vous est pas inconnu, vous devez savoir que les Polonais sont de véritables spécialistes des jeux au gameplay nerveux. Bonne nouvelle, Outriders est de cette trempe et on pourrait même le qualifier de cousin germain de Gears of War avec sa mécanique de couverture très présente. Pour autant, le jeu donne une sensation assez étrange de mollesse dans les déplacements ou dans les contacts là où justement GOW propose bien plus de punch. Passé ce détail, Outriders est un jeu qui invite le joueur à rejoindre la mêlée plutôt qu’à se cacher derrière un muret pour arroser toutes les têtes qui dépassent. En effet, ici pas de régénération automatique, si vous souhaitez quitter la zone rouge et gagner quelques points de santé il va falloir attaquer et faire des dégâts chez l’adversaire. Avec d’assez gros bonus si vous faites mouches en utilisant les pouvoirs liés à votre classe.

Ce qui est intéressant la dedans, c’est que les joutes en deviennent véritablement nerveuses et assez stressantes lors de grosses escarmouches et qu’on se retrouve submergé par l’adversaire. Surtout que le jeu est loin d’être très facile et qu’il y a de quoi s’y reprendre à plusieurs fois si l’on opte pour une stratégie trop défensive ou qu’au contraire on rentre dans le lard de l’adversaire sans un minimum de sang froid. D’autant plus que l’IA se révèle assez sommaire et qu’elle se contente de foncer tête baissée dans le tas. Fort heureusement, le jeu propose un système de difficulté assez bien pensé où les joueurs les plus talentueux et vaillants seront récompensés par un loot plus clément. De quoi laisser aux joueurs les moins doués l’opportunité d’avancer sans trop de difficulté tout en profitant d’un minimum de récompenses. Pour résumer, Outriders propose un gameplay très efficace, mais finalement assez classique. Le jeu n’offre rien de nouveau ou de particulier pour se détacher des autres FPS ou TPS qui sont passé avant lui, ce qui ne l’empêche pas d’être très plaisant à jouer.

Le parfait petit looter shooter

Si Outriders était un élève à l’école des Shooter Looter, il serait sans doute dans les premiers de la classe tant il s’applique à proposer toutes les spécificités du genre, quitte à nous faire recommencer encore et encore des missions qui deviennent au final un peu trop redondantes. Une finalité qui a pour objectif de gonfler les statistiques de son personnage, d’amasser les meilleures armes et développer son arbre de compétences pour en faire un véritable monstre sur le front. Un “monstre” avec ses propres caractéristiques qui dépendent directement de la classe choisie en début de jeu et qu’il n’est pas possible de modifier en cours de route. Ce qui pourra, ou non, vous encourager à recommencer le jeu plusieurs fois pour prendre les traits d’un Pyromancien, un Technomancien, un Telluriste ou un Illusionniste. Surtout que les classes n’apportent pas que du cosmétique, mais surtout une autre appréhension du gameplay. On peut ainsi définir son style au fil du jeu selon le choix de ses aptitudes sans que cela soit uniquement cantonné à la couleur d’un bonnet ou la forme d’un fusil. Outriders propose une belle dose de diversité et peut ainsi offrir une expérience de jeu assez différente selon le joueur. Enfin, s’il est possible de terminer le jeu seul ou en coop jusqu’à trois, on entend par là venir à bout des missions principales et/ou secondaires, c’est surtout dans le end game, les expéditions et dans le contact avec les autres joueurs que tout le potentiel d’Outriders pourra s’exprimer. Reste maintenant à savoir si les joueurs répondront présent au fil du temps, ce qui pourrait très bien être le cas puisqu’en plus d’être cross-play, le jeu est disponible sur le Xbox Game Pass. De quoi s’assurer un certains nombre de joueurs pour au moins quelques mois.

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Marko
Maître des lieux. S'il y a des bugs, c'est de ma faute !

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